La détresse morale liée à la pornographie est-elle également liée au type de contenu ?

Commentaire du chercheur Paul Wright, dont l'analyse est pertinente, suggère que les scientifiques qui étudient la consommation de pornographie et l'« incongruence morale » doivent également prendre en compte le type de contenu. Il se demande si la détresse des consommateurs de pornographie est exacerbée par le visionnage de contenus moins socialement acceptables. Extraits ci-dessous.

Religion, morale et usage problématique de la pornographie : l’importance potentielle du type de contenu

J'ai lu avec grand intérêt, pour plusieurs raisons, l'étude récente d'Engelhardt et al. (2026), intitulée « Religion, morale et pornographie : risque ou ressource ? »¹. À partir d'un échantillon apparié au recensement américain, Engelhardt et al. ont examiné l'hypothèse selon laquelle la religiosité, en induisant une désapprobation morale de la pornographie, constituerait à la fois un facteur de risque et un facteur de protection face à une consommation problématique de pornographie. La religiosité a été définie comme l'appartenance à une religion judéo-chrétienne (par exemple, protestante, catholique) ou l'absence de religion (par exemple, athée). La désapprobation morale de la pornographie a été mesurée par le degré d'accord ou de désaccord avec l'affirmation « Je crois que la consommation de pornographie est moralement répréhensible ». La consommation problématique de pornographie a été mesurée à l'aide du questionnaire abrégé sur la pornographie (Kraus et al., 2020). Ce questionnaire évalue la fréquence à laquelle les participants éprouvent des perceptions telles que « Vous vous surprenez à consommer de la pornographie plus que vous ne le souhaitez » et « Vous continuez à consommer de la pornographie même si vous vous sentez coupable ».

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En résumé, je propose que la dissonance cognitive ressentie par les consommateurs de pornographie qui s'y opposent moralement soit exacerbée lorsqu'ils consomment des contenus moins socialement acceptables, augmentant ainsi leur risque de développer des problèmes de santé mentale du fait de leur consommation déjà moralement incohérente. Statistiquement parlant, je soutiens que le type de contenu pornographique modère la relation entre la désapprobation morale de la pornographie et la perception d'une consommation problématique : cette association serait plus forte chez les consommateurs de contenus moins socialement acceptables et plus faible chez ceux qui consomment des contenus plus socialement acceptables. Si mon hypothèse est correcte, le type de contenu pornographique constituerait un ajout théorique important au modèle PPMI. Une telle dynamique suggérerait également aux cliniciens d'être particulièrement attentifs aux patients qui désapprouvent moralement la pornographie mais consomment des contenus pornographiques aux thèmes socialement inacceptables. Compte tenu de la grande variété d'actes et de représentations sexuelles dans la pornographie (Hald & Štulhofer, 2016 ; Herbenick et al., 2020 ; Paul, 2009 ; Way et al., 2026), mesurer la consommation et la perception de la pornographie sans tenir compte du type de contenu consommé par chaque individu risque de fausser notre compréhension des mécanismes de cette consommation et de la perception d'une consommation problématique, notamment chez les personnes religieuses. J'invite mes collègues chercheurs en pornographie à mettre cette hypothèse à l'épreuve et à poursuivre ce débat scientifique dans les pages des Archives of Sexual Behavior.