Mesures d'émotion conscientes et non conscientes: varient-elles en fonction de la fréquence d'utilisation de la pornographie? (2017)

Sciences appliquées, 2017, 7 (5), 493 ; doi : 10.3390/app7050493

Sajeev Kunaharan 1Sean Halpin 1, Thiagarajan Sitharthan 2, Shannon Bosshard 1 et Peter Walla 1,3,4*

1 École de psychologie, Centre de recherche en neurosciences translationnelles et en santé mentale, Université de Newcastle, Callaghan 2308, NSW, Australie

2 École de médecine de Sydney, Université de Sydney, Sydney 2006, Nouvelle-Galles du Sud, Australie

3 Laboratoire de neurosciences cognitives et comportementales (CanBeLab), Département de psychologie, Université privée Webster de Vienne, Palais Wenkheim, 1020 Vienne, Autriche

4 Faculté de psychologie, Université de Vienne, 1010 Vienne, Autriche

Correspondance: Tél.: + 43-1-2699-293

Editeur académique: Takayoshi Kobayashi

Reçu: 1 Mars 2017 / Accepté: 26 Avril 2017 / Publié: 11 Mai 2017

Abstract

L’utilisation accrue de la pornographie est une caractéristique de la société humaine contemporaine, les avancées technologiques permettant un accès Internet à haut débit et une relative facilité d’accès via une multitude de dispositifs sans fil. Une exposition accrue à la pornographie modifie-t-elle le traitement général des émotions? La recherche dans le domaine de l'utilisation de la pornographie est fortement tributaire de mesures d'auto-évaluation conscientes. Cependant, une connaissance croissante indique que les attitudes et les émotions sont traitées de manière extensive à un niveau inconscient avant l’évaluation consciente. Par conséquent, cette étude exploratoire visait à déterminer si la fréquence d'utilisation de la pornographie avait un impact sur les processus émotionnels non conscients et / ou conscients. Les participants (N = 52) qui ont déclaré avoir visionné diverses quantités de pornographie se sont vu présenter des images incitant à l'émotion. Les potentiels liés aux événements cérébraux (ERP) ont été enregistrés et la modulation du réflexe de surprise (SRM) a été appliquée pour déterminer les processus émotionnels non conscients. Des évaluations de valence et d'éveil explicites pour chaque image présentée ont également été prises pour déterminer les effets des émotions conscientes. Des évaluations explicites conscientes ont révélé des différences significatives en ce qui concerne les évaluations de la valence «plaisante» «érotique» et «agréable» en fonction de l'utilisation de la pornographie. Les MRS ont montré des effets proches de leur signification et les ERP ont montré des changements dans les régions frontales et pariétales du cerveau en relation avec les catégories d'images d'émotions «déplaisantes» et «violentes», ce qui ne correspond pas aux différences observées dans les évaluations explicites. Les résultats suggèrent que l'utilisation accrue de la pornographie semble avoir une influence sur les réponses non conscientes du cerveau aux stimuli induisant des émotions, ce que ne révèle pas l'autodéclaration.

Mots clés:

processus conscient versus non conscient; pornographie; émotion; réponses affectives; EEG; triangulation

1. Introduction

1.1. Facilité d'accés

La quantité de contenu pornographique disponible en ligne pour le public ne cesse de croître [ 1 , 2 ]. L'absence de réglementation a permis à Internet de devenir rapidement un moyen simple et efficace de diffuser, de distribuer et de consommer ce contenu à domicile, grâce à l'accessibilité, l'anonymat et le faible coût [ 3 , 4 ]. De plus, les progrès technologiques tels que les smartphones, le Wi-Fi et l'internet haut débit permettent de s'affranchir de la contrainte d'être connecté à un ordinateur et à un câble, et ainsi d'accéder à une grande variété de contenus pornographiques. Sans surprise, les problèmes liés à la visualisation de contenus sexuels sont devenus le problème sexuel le plus fréquent ces dernières années [ 5 ].

1.2. Utilisation de la pornographie et ses effets comportementaux

Plusieurs études ont exploré la question de savoir si l'exposition à la pornographie avait un effet, qu'il soit positif ou négatif, sur les processus cognitifs et comportementaux individuels [3,6,7,8,9,10,11,12,13,14,15]. Nombre de ces documents ont tenté de répondre à ces préoccupations de la société en examinant la question de savoir si une exposition accrue à du matériel pornographique entraînait un comportement sexuellement agressif. Les méta-analyses de ces travaux ont montré qu'une fréquence accrue de consommation de pornographie peut permettre de prédire des mesures de résultats négatifs chez l'homme [16,17] - même montrant que les abuseurs physiques et les prédateurs sexuels utilisent généralement la pornographie à un taux significativement plus élevé que l'individu moyen [18]. Une méta-analyse réalisée par Allen et al. [6] ont démontré que les méthodes d'analyse non expérimentales ne montraient presque aucun effet d'exposition à la pornographie et d'acceptation des mythes sur le viol, alors que les études expérimentales (ne se fondant pas uniquement sur l'autodéclaration) montraient un effet faible mais positif (l'exposition à la pornographie augmentait l'acceptation du mythe du viol). D'autres méta-analyses ont mis en évidence une association positive significative entre utilisation de pornographie et attitudes en faveur de la violence à l'égard des femmes dans des études expérimentales et non expérimentales [19]. Ces corrélations étaient plus importantes si les auteurs étaient exposés à de la pornographie sexuelle violente par rapport à des formes non violentes. Mancini et al. [12] ont mené une enquête sur les délinquants sexuels et découvert que l'exposition d'adolescents à la pornographie était un facteur prédictif de l'augmentation de la violence par le degré d'humiliation de la victime. Les auteurs ont également constaté que l'utilisation de pornographie juste avant l'infraction entraînait une réduction du préjudice causé à la victime, qu'ils attribuaient à un effet cathartique de la pornographie sur le délinquant. D'autres chercheurs semblent être d'accord pour dire que la visualisation de matériel pornographique a peu ou pas d'effet négatif sur la cognition et le comportement. Ferguson et Hartley [20], dans leur analyse, suggèrent que la preuve d'un lien de causalité entre l'exposition à la pornographie et l'agression sexuelle est minime et que toute corrélation positive entre la consommation de pornographie et le comportement violent est au mieux incohérente. Ils suggèrent que l'hypothèse selon laquelle une exposition accrue à la pornographie conduit à une augmentation du comportement d'agression sexuelle doit être écartée. Souvent, le problème est simplement un manque de différenciation entre corrélation et causalité.

Plusieurs autres études, plutôt que d'examiner les corrélations possibles entre violence et pornographie, se sont concentrées sur les effets néfastes sur les plans émotionnel, social et sexuel liés à une consommation excessive de pornographie. Parmi les effets potentiels et rapportés, on note notamment : une augmentation de l'anxiété [ 21 ], des symptômes dépressifs [ 22 ] et l'incapacité à obtenir et à maintenir une érection avec de vrais partenaires sexuels sans l'aide de la pornographie [ 23 ], ce qui peut entraîner des troubles dépressifs et anxieux.

On oublie souvent que la corrélation de certains comportements et de leurs effets pervers peut être une source d'inquiétude pouvant conduire à la résiliation de ce comportement particulier, mais cela n'indique pas nécessairement un lien de causalité. Bien qu'il soit compréhensible que de nombreuses personnes voient davantage de pornographie (comme de nombreux autres comportements de recherche de plaisir), il s'agit d'un petit nombre d'individus qui présentent des effets indésirables et on ne peut donc pas supposer que la corrélation de ces effets pervers avec l'audience pornographique signifie causalité.

1.3. Effets physiologiques de la pornographie

Les potentiels évoqués (PE) sont fréquemment utilisés comme mesure physiologique des réactions aux stimuli émotionnels, par exemple [ 24 ]. Les études exploitant les données des PE tendent à se concentrer sur les effets tardifs, tels que le P300 [ 14 ] et le potentiel positif tardif (PPT) [ 7 , 8 ], chez les individus exposés à la pornographie. Ces aspects tardifs du tracé des PE ont été attribués à des processus cognitifs comme l'attention et la mémoire de travail (P300) [ 25 ], ainsi qu'au traitement prolongé de stimuli émotionnellement pertinents (PPT) [ 26 ]. Steele et al. [ 14 ] ont montré que les différences importantes de P300 observées entre la visualisation d'images à caractère sexuel explicite et celle d'images neutres étaient inversement corrélées aux mesures du désir sexuel, sans toutefois influencer l'hypersexualité des participants. Les auteurs ont suggéré que ce résultat négatif était très probablement dû au fait que les images présentées n'avaient aucune signification nouvelle pour les participants, car tous ont déclaré avoir visionné de grandes quantités de contenu pornographique, ce qui a entraîné la suppression de la composante P300. Ils ont ensuite suggéré que l'étude de la LPP tardive pourrait s'avérer plus pertinente, car il a été démontré qu'elle reflète les processus de motivation. Des études portant sur l'effet de la consommation de pornographie sur la LPP ont montré que l'amplitude de cette dernière est généralement plus faible chez les participants qui déclarent avoir un désir sexuel plus élevé et des difficultés à contrôler leur visionnage de contenu pornographique [ 7 , 8 ]. Ce résultat est inattendu, car de nombreuses autres études sur la dépendance ont montré que, lors d'une tâche émotionnelle liée à un stimulus, les individus qui déclarent avoir des difficultés à gérer leurs addictions présentent généralement des ondes LPP plus amples lorsqu'on leur présente des images de la substance addictive [ 27 ]. Prause et al. [ 7 , 8 ] proposent des explications quant à la raison pour laquelle l'utilisation de la pornographie peut entraîner des effets LPP plus faibles en suggérant que cela pourrait être dû à un effet d'habituation, car les participants à l'étude qui ont déclaré une utilisation excessive de matériel pornographique ont obtenu des scores significativement plus élevés en termes d'heures passées à visionner du matériel pornographique.

Contrairement aux potentiels évoqués (PE), la modulation du réflexe de sursaut (MRS) est une technique relativement récente dans ce domaine, également utilisée en recherche sur les émotions pour fournir des informations relatives au traitement de l'information affective brute, par exemple [ 28 ]. La MRS vise à mesurer l'amplitude des clignements des yeux provoqués par une brusque et soudaine émission d'un bruit blanc intense, tandis que la personne surprise est exposée à une stimulation visuelle de premier plan contrôlée, dont le contenu affectif varie [ 28 ]. Lang et al. [ 29 ] ont montré que l'amplitude des clignements des yeux enregistrée en réponse au stimulus auditif inattendu était corrélée au contenu affectif appétitif (entraînant des clignements plus faibles) ou aversif (entraînant des clignements plus importants) des stimuli visuels présentés. Autrement dit, les clignements des yeux associés au stimulus de sursaut sont amplifiés lorsqu'une personne est exposée à des stimuli désagréables ou anxiogènes, et atténués lorsqu'elle est exposée à des stimuli agréables.

De nombreuses études ont introduit la modulation du réflexe de surprise comme mesure du traitement affectif brut en relation avec divers contextes, y compris la psychopathie [30], polyhandicapés [31], odeurs [32], schizophrénie [33], la conception des produits [34], se promener dans les quartiers urbains [35] et la propriété des émotions [36]. Les MRS ont également été introduits dans les neurosciences des consommateurs [37,38,39,40]. Cependant, l'utilisation de cette mesure d'enregistrement dans le traitement d'informations sexuelles a été rare [41]. Les études effectuées montrent de manière constante un réflexe de clignement des yeux surpris sur les images décrivant des scénarios positifs (sexuels) par rapport à des images montrant une image désagréable et neutre [42] et craintif [43] contenu. Dans 2014, SRM a été suggéré pour une utilisation dans le contexte de la présente étude [44].

La présente étude vise à utiliser des mesures neurophysiologiques (EEG et SRM) pour déterminer si des quantités variables de consommation de pornographie au sein de la population normale ont un effet sur les états émotionnels non conscients, ainsi que des mesures conscientes de ces émotions.

1.4. Auto-évaluation

Les questionnaires d'auto-évaluation sont sans doute le moyen le plus courant utilisé par les chercheurs et les cliniciens pour tenter de cerner les attitudes et les comportements émotionnels des consommateurs de contenu pornographique, souvent au détriment d'autres méthodologies [ 45 , 46 ]. Bien que ces questionnaires permettent de recueillir un grand nombre de données auprès d'une population importante, ils sont sujets à des biais de mémoire, de désirabilité sociale [ 13 , 45 , 47 ] et de pollution cognitive [ 48 ]. Il a été démontré que le traitement des émotions comporte des composantes liées à des structures cérébrales sous-corticales non conscientes, ainsi qu'à des structures corticales conscientes. Ainsi, certaines facettes des émotions peuvent exister sans que l'on en ait conscience [ 38 , 49 , 50 , 51 ]. La capacité à répondre explicitement à une question d'ordre émotionnel requiert un traitement cognitif conscient qui aboutit à une évaluation. Cette évaluation cognitive résulte toutefois d'une combinaison de processus physiologiques profonds se déroulant dans les structures sous-corticales et d'un traitement cérébral cortical plus conscient. Il a été démontré que cela influence l'interprétation consciente des réactions physiologiques sous-jacentes, un phénomène appelé pollution cognitive [ 48 ]. Par conséquent, une dépendance excessive aux données recueillies uniquement par auto-évaluation ne permet pas d'obtenir une représentation fidèle des processus de pensée d'un individu. Pour pallier cette lacune, les auteurs de la présente étude ont décidé d'utiliser des mesures physiologiques afin d'évaluer les processus non conscients, en complément des mesures traditionnelles (approche par triangulation). L'électroencéphalographie (EEG), qui mesure l'activité cérébrale corticale et implique la coordination des informations provenant des structures corticales et sous-corticales, a été utilisée. De plus, l'électromyographie (EMG), par le biais de la modulation du réflexe de sursaut (MRS), qui est liée aux fonctions cérébrales sous-corticales et mesure le traitement non conscient de l'information affective brute, a également été utilisée conjointement avec les mesures d'auto-évaluation traditionnelles (questionnaires, échelles d'évaluation) qui nécessitent une réponse cognitive mesurée de niveau supérieur impliquant le traitement de l'information corticale. Ces trois méthodes ont été utilisées pour trianguler les différences entre les états physiologiques non conscients et les réponses conscientes des participants et pour explorer les différents niveaux de traitement de l'information émotionnelle.

2. Méthodes
2.1. Participants

Cinquante-deux hommes ont été recrutés via le système de gestion expérimental appelé SONA (bouche-à-oreille) de l'université de Newcastle. Les participants étaient tous des étudiants de l'Université de Newcastle, en Australie, âgés entre les années 18 et 30 (M = 21.1; SD = 2.9). Tous les participants ont fourni un consentement éclairé écrit. Dans le cadre des critères d’inclusion, les participants recrutés dans l’étude ont explicitement déclaré qu’ils étaient hétérosexuels, droitiers, avaient une vision normale / rétablie, qu’ils n’avaient aucun antécédent de maladie neuropathologique ou psychiatrique, qu’ils étaient exempts de système nerveux central affectant des médicaments ou des substances. , n'avait pas d'antécédents d'abus physique ou sexuel ni d'incarcération dans un pénitencier. Les participants ont été soit remboursés financièrement pour leur temps, soit accordés avec un crédit de cours. Les femmes ont été exclues pour présenter un échantillon plus homogène à des fins de comparaison. Traditionnellement, les hommes sont plus susceptibles de rechercher du matériel sexuel visuel à des fins récréatives et c’est pourquoi nous nous sommes concentrés sur la présente étude. L'étude a été approuvée par le comité d'éthique de la recherche humaine de l'université de Newcastle (H-2013-0309, 5, décembre 2013).

2.2. Les mesures

La première partie de cette étude a consisté à utiliser des questionnaires en ligne pour évaluer les réponses émotionnelles conscientes de chaque participant. Un questionnaire en ligne a été créé à l'aide de Lime Survey [ 52 ] et comprenait des questions démographiques, l'Inventaire d'hostilité de Buss-Durkee (BDHI), l'Échelle d'impulsivité de Barratt (BIS-11) afin de déterminer si les scores d'impulsivité auto-déclarés variaient au sein des différents groupes constitués ; l'Échelle d'auto-surveillance de Snyder [ 53 ] afin de déterminer dans quelle mesure chaque groupe contrôlait sa présentation de soi ; et un questionnaire spécifique visant à évaluer les comportements de visionnage de pornographie. Ce dernier comprenait plusieurs items développés par les auteurs, ainsi que des items issus de l'étude de Harkness et al. [ 54 ]. Seuls les participants hétérosexuels âgés de 18 à 30 ans étaient admissibles à remplir le questionnaire et ont ensuite été invités à compléter les mesures physiologiques. Le questionnaire prenait environ 20 à 25 minutes à remplir.

L’électroencéphalographie a été enregistrée à l’aide d’un système BioSemi Active Two à 64 canaux (BioSemi, Amsterdam, Pays-Bas) et la modulation du réflexe de sursaut (SRM) a été administrée à l’aide d’un appareil d’enregistrement mobile Nexus-10 (produit par Mind Media BV, Herten, Pays-Bas). Pour une description plus détaillée de la procédure et de la technologie utilisées, veuillez consulter Walla et al. [ 48 ].

2.3. Stimuli

Les stimuli utilisés dans cette étude étaient composés de 150 images issues du Système international d'images affectives (IAPS) [ 55 ]. L'IAPS est une collection standardisée d'environ 1 000 images représentant des personnes, des lieux, des objets et des événements, largement utilisée dans la recherche sur les émotions, par exemple [ 56 ]. Pour les besoins de cette étude, les images ont été réparties en cinq catégories : violentes, érotiques, agréables, désagréables et neutres, chaque catégorie comprenant 30 images. Chaque catégorie d'images se distinguait par sa valence normative. Chaque image était présentée à chaque participant pendant 5 secondes. Les participants évaluaient ensuite chaque image sur des échelles de Likert à 9 points, distinctes pour la valence et l'activation émotionnelle.

Un total de cinq sondes d'inquiétude ont été associées à des images 5 choisies au hasard parmi 30 par catégorie d'émotion (sondes d'étonnement 25 totales au cours de l'expérience). Les sondes de surprise étaient présentées binauralement à 110 dB et consistaient en de longues rafales de 50 ms de bruit blanc acoustique.

2.4. Procédure
2.4.1. Expérience de laboratoire

Après avoir rempli le questionnaire en ligne, les participants ont été invités individuellement au laboratoire. Au cours de cette session, des mesures de référence de l'EEG et du MRS ont été collectées pendant que les participants visionnaient et notaient les images IAPS. La collecte de données explicites impliquait que les participants évaluent chacun des stimuli en termes d'éveil et de valence, alors que simultanément, EEG et SRM étaient utilisés pour évaluer les réponses implicites. Les participants étaient assis confortablement devant un écran à LED 32 '(résolution 1024 × 768 pixels). Les participants ont été connectés au système BioSemi Active. Deux modifications du potentiel cérébral et du système EEG ont été mesurées à l’aide d’électrodes crâniennes 64, ainsi que de huit électrodes supplémentaires placées latéralement au niveau oculaire, supra, oculaire et sur les mastoïdes. Deux électrodes Biotrace de 4 mm ont également été utilisées pour la modulation du réflexe sur réflexe (avec un espacement approximatif de 20 en mm sur l’oculaire orbiculaire inférieur de l’œil gauche).

Le programme informatique Présentation (Neurobehavioral Systems, Albany, NY, États-Unis) a été utilisé pour présenter visuellement les instructions et les listes de stimulus appropriées. La présentation des stimuli et l'enregistrement de tous les signaux psychophysiologiques ont été effectués à partir d'une pièce séparée. Les participants ont reçu un bref aperçu de l’étude lors de la configuration de l’équipement et ont été invités à lire les instructions relatives à la tâche en cours à l’écran avant l’enregistrement. Des écouteurs (Sennheiser HD280, Wedemark, Allemagne) ont été placés sur les oreilles du participant et les tests ont commencé avec le participant lui-même dans une pièce faiblement éclairée pour assurer une focalisation adéquate sur les stimuli.

2.4.2. Tâche d'expérimentation

Chaque image IAPS a été présentée à l’écran pour 5, une à la fois. Après chaque image, on a montré aux participants une échelle d’évaluation et leur a demandé d’évaluer la valence (agréable) en utilisant une échelle allant de 1 «très agréable» à 9 «très désagréable». Après cette évaluation initiale, les participants se sont vus proposer une autre échelle d’évaluation et ont été invités à évaluer l’activation (intensité) de l’image à l’aide d’une échelle allant de 1 «très intense» à 9 «très apaisante». Ensuite, une petite croix de fixation blanche est apparue sur fond noir pour les 1 avant la présentation de la prochaine image. Si une sonde de surprise était associée à une image, elle se produisait lors de la deuxième présentation post-stimulus de 4. Des mesures physiologiques et explicites ont été prises pour toutes les images 150 IAPS. Les images ont été présentées dans un ordre aléatoire. Une courte pause a été offerte au participant à mi-parcours pour réduire les effets de la fatigue. De toute évidence, pour l'analyse SRM, seules les images associées à une sonde de surprise ont été analysées, ainsi que les réponses explicites relatives à ces images.

2.5. Une analyse
2.5.1. Questionnaire Analyse et Formation de Groupes

Les participants ont été répartis en groupes selon leurs réponses à deux questions distinctes du Questionnaire sur la consommation de pornographie. Ces questions étaient : « Combien de temps consacrez-vous à un épisode de visionnage de pornographie ? » et « Au cours de la dernière année, à quelle fréquence avez-vous visionné de la pornographie ? ». Les réponses à chaque question ont été analysées individuellement pour chaque participant, puis multipliées afin de déterminer le nombre approximatif d’heures de visionnage de pornographie par an. Les auteurs prévoyaient initialement une répartition médiane de la cohorte, mais constatant que de nombreux participants obtenaient un score proche de la médiane et que les scores se regroupaient en trois catégories distinctes, il a été décidé de subdiviser les groupes en trois catégories : « faible », « moyen » et « élevé », en fonction de la dispersion des scores. Les moyennes et les écarts-types du nombre d’heures de visionnage de pornographie pour chaque groupe sont présentés dans la section 3.2.

2.5.2. Réponses explicites

Les réponses explicites brutes (valence et éveil) de chaque participant ont été classées dans leurs groupes respectifs (faible, moyen ou élevé) en fonction des réponses aux questionnaires en ligne. Les réponses de chaque groupe ont ensuite été moyennées et analysées à l’aide d’une analyse de variance avec mesures répétées (ANOVA) utilisant le facteur d’émotion au sein des sujets (agréable, désagréable, érotique, violent et neutre) et le facteur de pornographie entre sujets (faible, moyen, moyen). et haut). Les ANOVA ont été réalisées indépendamment pour les mesures de «valence» et de «réveil».

De plus, une ANOVA à un facteur de risque a été réalisée pour évaluer les réponses obtenues via l’Échelle d’autosurveillance de Snyder afin de déterminer s’il existait un lien quelconque entre les heures consacrées à la pornographie et l’autosurveillance.

2.5.3. Potentiels liés aux événements

Les modifications du potentiel cérébral ont été enregistrées à un taux d'échantillons 2048 / s à l'aide d'un système BioSemi Active Two à canal 64 et du logiciel ActiView (BioSemi, Amsterdam, Pays-Bas). Les ensembles de données ont été traités par lots en utilisant EEG-Display (version 6.4.8; Fulham, Newcastle, Australie). Pendant le traitement, le taux d'échantillonnage a été réduit à 256 échantillons / s et un filtre passe-bande de 0.1 à 30 Hz a été appliqué. Les époques ERP ont été définies en relation avec la présentation de chaque image IAPS à partir de -100 ms avant l'apparition du début du stimulus 1000 ms. Toutes les époques ont été corrigées avec la correction 100 avant le début du stimulus et les points de données le long de l'ERP ont été réduits en points de données 15 le long de la première seconde présentation du stimulus pour une analyse statistique plus poussée. Une ANOVA à mesures répétées a été utilisée pour analyser les amplitudes de l'ERP à chaque instant en utilisant les facteurs d'émotion intra-sujet (agréable, désagréable, érotique, violent et neutre) et l'hémisphère (gauche, droite).

Lors de l'inspection visuelle, il a été constaté que les principales différences entre chaque groupe se manifestaient manifestement pour les courbes ERP des conditions «Violent» et «Érotique» par rapport à d'autres conditions. Ces deux catégories d'émotions ont donc été utilisées comme référence pour les contrastes. Pour corriger les violations de la sphéricité, la procédure de Greenhouse-Geisser a été utilisée. Des contrastes simples ont été utilisés pour déterminer la direction de tout effet principal significatif.

2.5.4. Modulation réflexe de veille

Les réponses de clignement des yeux utilisées pour la modulation du réflexe de sursaut ont été mesurées à l'aide d'un enregistreur Nexus-10 (Mind Media BV) et du logiciel Bio-trace+. Des électrodes EMG bipolaires ont été placées sur l'œil gauche de chaque participant et les variations de potentiel du muscle orbiculaire de l'œil ont été enregistrées. La fréquence d'échantillonnage EMG était de 2048 Hz et un filtre passe-bande de 20 à 50 Hz a été appliqué pendant l'enregistrement. Les données EMG brutes ont ensuite été recalculées par la méthode de la valeur efficace (RMS) afin de convertir les signaux de fréquence bruts en amplitudes. L'amplitude du clignement de sursaut a été définie comme la valeur maximale de la courbe EMG lors des essais incluant le stimulus de sursaut. Comme précédemment, des analyses de variance (ANOVA) à mesures répétées ont été réalisées pour les analyses statistiques (voir [ 28 ]).

3. Résultats
3.1. Données démographiques des participants

Notre cohorte était composée d'un échantillon largement homogène. La majorité des participants à l'étude se sont déclarés étudiants ayant au moins terminé leurs études secondaires, vivant en couple ou célibataires, et se sont identifiés comme étant caucasiens et nés en Australie (voir tableau 1 ).

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Tableau 1. Caractéristiques démographiques des participants à l'étude.

3.2. Utilisation autodéclarée de pornographie et autocontrôle

Les réponses des participants au questionnaire sont décrites dans le tableau 2. Les groupes de participants ont été constitués en fonction de la fréquence de leur consommation de pornographie. L'âge moyen ne différait pas significativement entre les groupes. De manière significative, une analyse de variance à un facteur (ANOVA) a montré qu'il n'existait aucune différence significative entre les groupes à faible, moyenne et forte consommation de pornographie concernant le score total de Snyder : F(2, 49) = 1.892, p = 0.162.

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Tableau 2. Heures de pornographie par an et score total de Snyder répartis par groupe.

3.3. Réponses explicites

Les résultats des évaluations explicites de valence n'ont pas révélé d'interaction significative entre le groupe et l'émotion. Cependant, les analyses post-hoc ont mis en évidence une interaction significative pour les évaluations explicites de valence (plaisir) « Érotique » et « Agréable » (F(2) = 3.243, p = 0.048). Aucune différence significative n'a été observée pour les évaluations explicites d'« activation (intensité) » dans aucune catégorie émotionnelle (voir figure 1 ).

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Figure 1. Évaluations explicites de la valence ( A ) et de l'activation ( B ) pour chaque catégorie émotionnelle dans tous les groupes. Une interaction significative entre les groupes a été observée pour les évaluations de valence dans les catégories « Érotique » et « Agréable » (marquées d'astérisques).

3.4. Mesures physiologiques

Les résultats de la modulation du réflexe de sursaut ont montré un effet de groupe sur l'amplitude du clignement des yeux dans toutes les conditions approchant la signification F (2) = 3.176, p = 0.051 voir Figure 2.

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Figure 2. Réponses de clignement des yeux provoquées par la surprise (à gauche) et graphiques à colonnes (à droite) pour les groupes d'utilisation de pornographie faible ( A ), moyenne ( B ) et élevée ( C ).

Malgré l'absence d'interactions principales significatives, des contrastes simples ont révélé des effets de groupe ERP significatifs pour les catégories émotionnelles « Désagréable » et « Violente » entre 250 et 563 ms dans les régions frontales du cerveau. Des effets significatifs entre ces deux mêmes catégories émotionnelles ont également été observés dans les régions postérieures au cours d'une période ultérieure (563-875 ms) (voir tableau 3 ; figure 3 ). L'absence d'effets principaux est interprétée comme la conséquence de différences ERP relativement localisées.

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Figure 3. Potentiels évoqués (PE) au niveau des régions frontales (AF7/AF8) et pariétales (P5/P6) pour toutes les catégories émotionnelles, chez les groupes à faible, moyenne et forte consommation de pornographie. Noter les effets de groupe significatifs pour la catégorie émotionnelle « Désagréable » par rapport à la catégorie « Violente » entre 250 et 563 ms dans les régions frontales et entre 563 et 875 ms dans les régions pariétales.

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Tableau 3. Résumé des effets de groupe significatifs liés aux potentiels évoqués (PE) de la catégorie d'émotions désagréables par rapport aux émotions violentes.

4. Discussion

La présente étude a utilisé une approche de triangulation descendante, employant simultanément plusieurs méthodes pour décrire différentes approches d'étude des réponses affectives et de leur signification physiologique. Pour rappeler les principales différences, les évaluations explicites sont des mesures comportementales qui requièrent une réponse consciente et délibérée et sollicitent donc le traitement cortical de l'information. La modulation du réflexe de sursaut est une mesure non consciente du traitement brut de l'information affective, basée sur l'amorçage motivationnel (voir [ 57 ]) et liée aux structures cérébrales sous-corticales, par exemple [ 29 ]. L'électroencéphalographie (et plus précisément les potentiels évoqués) est principalement sensible au traitement cortical de l'information, mais elle implique également l'apport coordonné de processus cérébraux sous-corticaux (largement non conscients). On peut affirmer que toutes les mesures physiologiques sont, par nature, plutôt implicites, contrairement aux évaluations explicites.

Avec ces connaissances, pouvons-nous déterminer si la fréquence d'utilisation de la pornographie modifie la manière dont nous répondons consciemment (mesures explicites) et non consciemment (mesures implicites) à des informations émotionnelles? Bien que les scores de Snyder pour chaque groupe ne diffèrent pas de manière significative - indiquant aucune différence d'auto-surveillance - les résultats obtenus dans la présente étude démontrent en effet des divergences dans les résultats obtenus via des mesures explicites et implicites.

4.1. Notes explicites

Les images « érotiques » ont été jugées explicitement moins agréables par le groupe à faible consommation de pornographie que par les participants à consommation moyenne ou élevée. Il est possible que les faibles consommateurs de pornographie recherchent rarement du contenu érotique ou pornographique, ce qui expliquerait pourquoi ils ont trouvé la présentation d'images « érotiques » lors de la séance expérimentale moins agréable, voire même légèrement perturbante. Une autre explication possible serait que les faibles consommateurs de pornographie y sont moins exposés et donc moins habitués que les consommateurs moyens ou élevés. À l'inverse, les personnes qui trouvent la pornographie désagréable peuvent choisir de ne pas en consommer et se retrouver ainsi dans le groupe à faible consommation ; l'habituation n'entre alors pas en ligne de compte. Fait intéressant, le groupe à forte consommation de pornographie a jugé les images érotiques plus désagréables que le groupe à consommation moyenne. Les auteurs suggèrent que cela pourrait être dû à la nature relativement soft des images érotiques contenues dans la base de données IAPS, qui ne procurent pas le niveau de stimulation habituellement recherché. En effet, Harper et Hodgins [ 58 ] ont montré qu'une consommation fréquente de contenu pornographique incite souvent les individus à visionner des contenus plus intenses afin de maintenir le même niveau d'excitation physiologique. Concernant la catégorie « émotion agréable », les évaluations de valence des trois groupes étaient relativement similaires, le groupe à forte consommation ayant toutefois jugé les images légèrement plus désagréables en moyenne que les autres groupes. Ceci pourrait également s'expliquer par le fait que les images « agréables » présentées n'étaient pas suffisamment stimulantes pour les individus de ce groupe. Des études ont systématiquement mis en évidence une régulation physiologique à la baisse du traitement des contenus appétitifs, due à un phénomène d'habituation chez les individus qui consultent fréquemment du contenu pornographique [ 3 , 7 , 8 ]. Les auteurs avancent que cet effet pourrait expliquer les résultats observés.

4.2. Potentiels liés aux événements (ERP)

Des différences significatives notables ont été observées entre les conditions « désagréable » et « violente » selon les groupes, ce qui contraste avec les résultats des évaluations explicites. L’inspection visuelle des courbes révèle un pic négatif accru dans le groupe à faible consommation de pornographie pour la condition « désagréable » durant la phase LPP (400–500 ms) et ce, dans les deux hémisphères et les régions frontales du cerveau. Ce pic semble présent uniquement dans l’hémisphère droit pour les groupes à consommation moyenne et élevée de pornographie. Bien que cet effet de latéralisation n’ait pas résisté à l’analyse statistique, la tendance observée pourrait indiquer un possible effet de latéralisation chez les consommateurs de pornographie plus fréquents. Ce pic négatif important a également été mis en évidence par une étude de Cuthbert et al. [ 59 ], qui ont constaté que les régions frontales du cerveau présentaient une positivité plus importante pour les images agréables que pour les images désagréables, même si la condition « neutre » de leur étude était la plus négative. Les auteurs de l'article susmentionné ont tenté d'expliquer ce déplacement positif relatif des images agréables en suggérant qu'il pourrait refléter une augmentation de l'activation affective plutôt qu'une différence de valence intrinsèque. En effet, dans leur étude, les images agréables auraient induit une variation significativement plus importante de l'activité autonome (conductance cutanée) que les évaluations subjectives de l'activation. De plus, ce schéma d'asymétrie frontale peut s'expliquer par la forme d'onde positive relative des images « désagréables » produites dans l'hémisphère gauche des groupes ayant une consommation moyenne et élevée de pornographie. Des recherches récentes suggèrent qu'une activité frontale gauche relative accrue pourrait être associée à des processus motivationnels d'approche (voir [ 60 , 61 ]). Cela indiquerait qu'en raison de la différence d'activation frontale relative induite par les images « désagréables », les consommateurs plus fréquents de pornographie pourraient percevoir ces images comme porteuses d'affects plus positifs.

De plus, les catégories émotionnelles « violentes » et « désagréables » dans l’hémisphère droit semblent suivre une trajectoire de plus en plus similaire à des intervalles de temps légèrement plus longs (> 500 ms), passant d’une faible à une moyenne puis à une forte consommation de pornographie – en particulier dans la région frontale du cerveau. Ces résultats suggèrent que les consommateurs fréquents de pornographie pourraient utiliser un traitement similaire lors du visionnage passif d’images véhiculant des émotions violentes et désagréables, comparativement aux consommateurs occasionnels, et ce, de manière implicite. Plus postérieurement, dans les zones cérébrales liées aux sens, ces mêmes deux catégories émotionnelles (« violentes » et « désagréables ») semblent être traitées de façon plus similaire chez les forts consommateurs de pornographie durant la phase LPP (> 500 ms), alors qu’elles restent distinctes chez les consommateurs faibles et moyens. Ce schéma de réponses physiologiques pourrait indiquer qu’une exposition fréquente à du contenu pornographique accroît l’attrait et, par conséquent, la motivation à s’approcher de ce stimulus, entraînant ainsi une LPP amplifiée, comparable à celle générée par la motivation d’évitement induite par le visionnage d’images violentes. À l'inverse, comme mentionné précédemment, il a été démontré que de nombreux consommateurs réguliers de pornographie sont souvent attirés par des contenus plus explicites ou plus intenses au fil du temps, en raison d'un phénomène de désensibilisation et du besoin de visionner des contenus plus nouveaux et extrêmes pour être excités [ 58 ]. Ces contenus peuvent souvent inclure des genres pornographiques mettant en scène divers actes de violence (sexuelle) auxquels les individus du groupe à forte consommation peuvent être prédisposés et qui, par conséquent, réagissent aux images « érotiques » sur un plan physiologique similaire à celui des images « violentes ».

4.3. Modulation du réflexe de surprise (SRM)

Comme mentionné précédemment, la modulation du réflexe de sursaut est sensible au traitement affectif sous-cortical, avec une nette prédominance de la valence. Conformément aux attentes, les résultats ont montré que la catégorie « érotique » était la moins susceptible de provoquer un sursaut, et que, dans les trois groupes, la catégorie émotionnelle « violente » suscitait la réaction de sursaut la plus importante. Bien que les résultats obtenus aient montré une valeur p proche du seuil de signification, l'examen visuel des courbes révèle trois profils distincts de réactions de sursaut, caractéristiques de chaque groupe. Une tendance se dégage, du niveau de consommation de pornographie (faible, moyen puis élevé) : la variabilité relative des réactions de sursaut semble augmenter (le groupe à forte consommation de pornographie présente la plus grande variabilité de réactions de sursaut entre les catégories émotionnelles les moins stimulantes (« érotique ») et les plus stimulantes (« violente »)). Ceci indique que les consommateurs fréquents de pornographie perçoivent les images « érotiques » comme plus appétissantes par rapport aux autres catégories émotionnelles, de manière inconsciente (mais uniquement qualitative). L'effet observé semble concorder avec la plupart des études menées dans ce domaine, selon lesquelles le réflexe de sursaut face à des stimuli aversifs se traduit par des clignements de paupières d'amplitude plus importante que face à des stimuli plus agréables [ 32 , 42 , 43 ]. Une explication possible de la diminution relative du réflexe de sursaut face aux images érotiques observée dans le groupe à forte consommation de pornographie pourrait être que toutes les images présentées étaient probablement nouvelles pour les participants. Leur réaction de sursaut, affective et inconsciente, aurait alors indiqué qu'il s'agissait d'un stimulus agréable n'ayant pas encore fait l'objet d'une habituation. Dans ce contexte, il serait intéressant de déterminer l'effet d'un visionnage répété des mêmes images, car des études antérieures ont montré que le visionnage répété de contenus érotiques entraîne une augmentation du clignement des yeux en réponse à un stimulus de sursaut, le contenu devenant lassant et aversif [ 41 ]. L'amplitude relativement plus importante du réflexe de sursaut observée dans les groupes à faible et moyenne consommation de pornographie pourrait s'expliquer par le fait que les participants de ces groupes évitent intentionnellement la pornographie, qu'ils jugent potentiellement plus désagréable. Alternativement, les résultats obtenus peuvent également être dus à un effet d’habituation, selon lequel les individus de ces groupes regardent plus de pornographie qu’ils ne l’ont explicitement déclaré, peut-être en raison de raisons de gêne entre autres, car il a été démontré que les effets d’habituation augmentent les réponses de clignement des yeux de surprise [ 41 , 42 ].

Bien que le niveau de signification obtenu puisse ne pas correspondre à ce qui était attendu, une tendance semble se dégager des données montrant l’écart entre les utilisateurs de pornographie fréquents et peu fréquents. Les auteurs sont d’avis que l’absence de résultat concret peut être attribuée au faible nombre de participants. Une plus grande cohorte augmenterait probablement la capacité de détecter des effets plus robustes. Cependant, il semble que la tendance observée dans les données physiologiques de la présente étude offre un autre schéma de résultats différent des notations explicites.

4.4. Limites

Bien que la présente étude soit exhaustive, elle comporte inévitablement des limites. Il convient de mentionner que les images constituant la catégorie « érotique », issues de la base de données IAPS, peuvent être considérées comme une représentation obsolète de l’érotisme ou de la pornographie, comparées à ce que l’on pourrait qualifier de « pornographie moyenne », qui, à l’ère moderne, est plus diversifiée et visuellement stimulante. Les études futures devront peut-être utiliser une base de données d’images standardisée plus récente afin de tenir compte de l’évolution des mœurs. Par ailleurs, il est possible que les grands consommateurs de pornographie aient réduit leurs réponses sexuelles durant l’étude. Cette explication a été avancée par [ 7 , 8 ] pour décrire leurs résultats, qui montraient une motivation d’approche plus faible, indexée par une amplitude réduite du potentiel positif tardif (LPP) en réponse aux images érotiques, chez les individus déclarant une consommation incontrôlable de pornographie. Il a été démontré que l’amplitude du LPP diminue lors d’une régulation à la baisse intentionnelle [ 62 , 63 ]. Par conséquent, une inhibition du LPP en réponse aux images érotiques pourrait expliquer l’absence d’effets significatifs observés dans la présente étude, tous groupes confondus, pour la condition « érotique ». Cela peut être dû au fait que les participants n’ont pas été autorisés à se masturber en regardant des images pornographiques (ou dans ce cas, érotiques) pendant la séance de test, ce qu’ils pourraient faire autrement [ 64 ].

Une autre limite de l’étude actuelle est que le groupe de participants a été divisé en groupes d’usage de pornographie basés sur l’utilisation de pornographie autodéclarée. Les études basées sur la physiologie dans ce domaine de la consommation de pornographie étant relativement récentes, il n’existe pas encore de série de marqueurs physiologiques ni de profil physiologique permettant de distinguer clairement, par exemple, une utilisation «faible» ou «élevée» de la pornographie. groupe. Le problème évident présenté avec cette méthode peut être dû à la sous-déclaration ou à la sur-déclaration de l'utilisation de la pornographie par certains répondants. En outre, la présente étude ne s'appuie pas sur un échantillon clinique présentant des problèmes d'utilisation de la pornographie connus et cliniquement diagnostiqués. La cohorte utilisée dans la présente étude se situe dans une fourchette «normale» d'utilisation de pornographie sans problème, que l'on peut qualifier de non cliniquement significative et qui, par conséquent, peut ne pas avoir fourni un résultat aussi robuste qu'une comparaison entre des individus diagnostiqués cliniquement et non diagnostiqués.

En outre, les effets notés dans le présent document, qui différencient les groupes d’utilisateurs de pornographie, peuvent indiquer un effet de corrélation plutôt qu’un lien de causalité. Un lien peut être établi ici en comparant les individus de la population en général qui consomment de l'alcool. Tant la consommation de pornographie que la consommation d’alcool peuvent être des comportements agréables et potentiellement préjudiciables, mais seule une minorité d’individus participe de manière excessive à ces comportements au point de causer de la détresse et des effets négatifs sur le comportement. Il est tout à fait probable que notre cohorte comprenait des personnes qui n’ont pas et ne subiront jamais d’effet comportemental indésirable observable en raison de leur utilisation (excessive) de pornographie.

L’étude de la consommation excessive de pornographie est un phénomène relativement récent, et il est nécessaire de développer un questionnaire standardisé permettant de mesurer explicitement cette consommation et ses effets conscients associés. Il existe plusieurs échelles et mesures déjà établies utilisées pour déterminer divers aspects du comportement sexuel, parmi lesquelles : l'échelle de compulsivité sexuelle [ 65 ], le questionnaire sur le besoin de pornographie [ 66 ], l'échelle des effets de la consommation de pornographie [ 67 ] et l'échelle d'utilisation problématique de la pornographie [ 68 ]. Cependant, compte tenu de l'évolution rapide de la manière dont les individus se procurent de la pornographie via Internet et de ce qui y est disponible, de nombreux éléments de ces échelles peuvent être considérés comme obsolètes et doivent être mis à jour. En raison du manque d'une mesure existante, bien validée et psychométriquement solide, de nombreuses études (comme la nôtre) ont opté pour le développement et l'utilisation de leurs propres éléments et méthodes de notation internes, conçus et développés à cet effet, tandis que d'autres (en particulier celles qui étudient la dépendance à la pornographie) ont simplement eu recours à l'adaptation d'échelles de dépendance aux substances existantes et ont remplacé la substance addictive (par exemple, l'alcool, la cocaïne, l'héroïne, etc.) par le mot pornographie. Le problème réside dans le manque de reproductibilité et de validité de la mesure, ce qui empêche d'obtenir des résultats cohérents et précis entre les études menées dans ce domaine.

En résumé, bien que toutes les mesures aient montré des résultats significatifs (ou quasi significatifs), il est important de noter que les différences observées dans les évaluations explicites ne correspondaient pas à celles observées dans les mesures physiologiques. À l'instar du traitement de l'information lexicale, où une dissociation a été constatée entre les réponses explicites et implicites (voir [ 69 ]), cela indique qu'il existe des raisons de conclure que, compte tenu des différences dans la manière dont l'information affective est traitée consciemment et inconsciemment, aucune méthode de mesure unique ne peut décrire avec précision l'état émotionnel réel d'un individu. Par conséquent, il pourrait être nécessaire d'utiliser plusieurs méthodes standardisées intégrant des techniques de mesure implicites et explicites afin d'évaluer tous les aspects du traitement affectif qui mènent aux émotions. En effet, un simple questionnaire ne permet pas d'obtenir des résultats concluants.

Remerciements

Les auteurs souhaitent remercier Ross Fulham pour son aide très appréciée dans le domaine de l’EEG et du traitement de données anormales. Il est une personne incroyable avec des connaissances, une expertise et des compétences inestimables.

Contributions d'auteur

Sajeev Kunaharan, Sean Halpin, Thiagarajan Sitharthan, Shannon Bosshard et Peter Walla ont conçu et conçu les expériences; Sajeev Kunaharan a réalisé les expériences; Sajeev Kunaharan et Peter Walla ont analysé les données; Sajeev Kunaharan, Sean Halpin et Peter Walla ont contribué au matériel et aux outils d'analyse; Sajeev Kunaharan et Peter Walla ont écrit le journal; Sean Halpin, Thiagarajan Sitharthan et Shannon Bosshard ont fourni des commentaires écrits, notamment des commentaires et des suggestions. Tous les auteurs ont largement contribué aux travaux présentés.

Les conflits d'intérêts

Les auteurs ne déclarent aucun conflit d'intérêt.

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